www.lumenc.org DUCCIO di Buoninsegna, Guérison de l'aveugle / Healing of the Blind Man, 1308-11, Detail, Tempera on wood, 43 x 45 cm, National Gallery, London
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Unam Sanctam 4 Octobre-Décembre

Ces textes sont des extraits du bulletin Unam Sanctam No

Ces textes sont des extraits du bulletin Unam Sanctam No. 4 (Octobre à Décembre) 2008

Vive Jésus !

Saint François de Sales est un des saints les plus aimables. Peu de saints ont réalisé un si parfait équilibre entre l'austérité et la tendresse, la force d'âme et la douceur, la noblesse et l'humilité. Jésus, le bon Pasteur a peint en lui l'un de ses plus beaux portraits. Une seule affection brûlait son coeur d'apôtre : Jésus !

" Vive Jésus que j'aime ! " C'était là comme le cri habituel de son coeur, blessé au vif par l'amour du Sauveur des hommes : il avait ce mot souvent à la bouche, et sa plume prenait plaisir à l'écrire dans ses lettres. " Oui, disait-il, il faut tout de bon transporter nos coeurs dans le coeur de ce roi immortel des siècles, et ne vivre que pour lui. Oh ! que je voudrais mourir pour l'amour de mon Sauveur ! " Dans l'exercice des vertus, il se représentait toujours Jésus-Christ et s'animait à tout faire, tout dire, tout penser comme lui. " Suivons et imitons en tout Jésus notre Maître, disait-il à ses chères filles de la Visitation. S'il faut prier, faire l'aumône, consoler les affligés, demeurer en solitude, travailler, souffrir, représentons-nous comment. Notre-Seigneur a fait tout cela, lui disant par un simple regard : Oui, Seigneur, je veux faire tout comme vous et en vous. " Conséquemment à ces principes, quand il conférait les ordres, il se représentait Jésus-Christ consacrant ses premiers prêtres, les apôtres. Quand il allait porter des consolations aux malades, il le regardait visitant la belle-mère de saint Pierre et la fille du prince de la synagogue. Quand il recevait des visites, il se le rappelait accueillant avec bonté tous ceux qui voulaient lui parler. Quand il assistait à quelque festin, il se le figurait aux noces de Cana. Quand il était seul, il le contemplait au désert. Quand il était en butte à la persécution, il se le proposait fuyant en Égypte. Dans ses rapports avec ses parents, il se souvenait de la manière dont il s'était conduit avec Marie et Joseph. Était-il consolé, il l'adorait sur le Thabor ; était-il dans la peine ou la sécheresse, il l'unissait à ses douleurs au jardin des Olives ou sur le Calvaire ; enfin, quoi qu'il lui arrivât ou qu'il eût à faire, toujours Jésus-Christ était sa pensée dominante et le divin exemplaire sur lequel il cherchait à se former.

Il s'excitait surtout à l'aimer toujours davantage par le souvenir de ses mystères, qu'il tenait habituellement présents à son esprit et à son coeur, comme l'objet le plus cher de sa dévotion. Les jours où l'Église les honore lui étaient précieux et excitaient toutes les effusions de sa piété : il y officiait toujours pontificalement avec une humble majesté et un grand recueillement, et il s'efforçait d'attirer en lui les grâces et les vertus du mystère qu'on célébrait.

Aux saintes fêtes de Noël, le mystère de la crèche le pénétrait des plus pieux sentiments : "Le grand petit enfant de Bethléem, disait-il, soit à jamais les délices et l'amour de notre coeur ! Ah ! comme il est beau ! J'aime cent fois mieux voir ce cher petit enfant dans la crèche que de voir tous les rois en leur trône. Mon Dieu que ce mystère fait naître dans nos coeurs de saintes affections, surtout d'abnégation des biens, des honneurs et des plaisirs de ce monde ! Je ne trouve point de mystère qui mêle si suavement la tendreté avec l'austérité, l'amour avec la rigueur, la douceur avec la sévérité. Sainte Paule aima mieux vivre pauvre à Bethléem que riche à Rome ; je le conçois : c'est que là il lui semblait entendre jour et nuit le cher enfant de Bethléem qui l'incitait au mépris des grandeurs du monde et l'appelait à l'amour de l'abjection. Qu'est-ce, en effet, que le Sauveur ne nous dit pas en se taisant ? Son coeur pantelant d'amour devrait bien enflammer le nôtre... Votre nom, mande-t-il à une Religieuse, est écrit dans le fond de ce divin coeur qui palpite là sur la paille par la passion affectueuse qu'il a de votre avancement : il ne jette pas un seul soupir auquel vous n'ayez part... Demeurons aux pieds de ce Sauveur, disant avec l'épouse des Cantiques : J'ai trouvé celui que mon coeur aime, je le tiens et ne veux point m'en séparer... L'enfant de la crèche ne dit mot, et son coeur plein de ferveur pour les nôtres ne se manifeste que par des plaintes, des larmes et de douces oeillades ; mais que ce silence me dit de grandes choses ! Il m'apprend à faire la vraie oraison mentale, il m'enseigne la ferveur amoureuse d'un coeur plein de douces pensées, de saintes affections, et qui a peur d'en perdre la suavité s'il les prononce. "

Ainsi le saint prélat parlait du mystère de Noël ; il n'est pas moins touchant lorsqu'il parle du nom de Jésus : " Je n'ai, écrivait-il le premier jour de l'an, que le temps de vous écrire le grand mot de notre salut, Jésus. Prononcez-le du fond du coeur, ce nom sacré : il répandra en toutes les puissances de votre âme un baume délicieux. Que nous serions heureux de n'avoir en l'entendement que Jésus, en la mémoire que Jésus, en la volonté que Jésus, en l'imagination que Jésus ! Essayons-en, et prononçons-le souvent de notre mieux. Plaise à ce divin enfant de tremper nos coeurs dans son sang et les parfumer de son saint nom, afin que les bons désirs que nous avons conçus en soient tout empourprés et tout odorants ! Baisons mille fois les pieds de ce Sauveur et disons-lui : Mon coeur, ô mon Dieu, vous appelle, mon regard vous désire, je soupire après votre visage ; c'est-à-dire, tenons unis à Jésus-Christ nos yeux pour le considérer, notre bouche pour le louer, et que tout notre être n'aspire qu'à lui être agréable !"

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Source :

Vie de saint François de Sales, par M. Hamon, éd. Victor Lecoffre, Paris 1883, T.II, p. 382-385.

Un Sauveur nous est né !

Sur la crise économique mondiale qui angoisse tant de personnes, on ne peut pas ne pas partager pleinement les sentiments profondément chrétiens exprimés dans la Lettre des dominicains d'Avrillé de décembre 2008, dont voici un extrait :

Depuis quelques mois, on nous parle de la crise qui frappe l'économie mondiale. Mais, si l'on y réfléchit quelque peu à la lumière de la foi catholique, le monde est en crise depuis bien plus longtemps : depuis que l'homme a écouté les suggestions du Serpent au lieu de garder la loi de Dieu. Le remède à la crise n'est pas à chercher dans des mesures économiques ou politiques ; il est à chercher dans le retour à Dieu. En effet, l'homme doit choisir entre deux maîtres, entre Dieu et Mammon (c'est-à-dire l'argent) : " Ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre " (Mt 6, 24). Si le monde est en crise, c'est parce qu'il a choisi de s'attacher à Mammon au lieu de Notre Seigneur Jésus-Christ. Mais, loin de chercher à revenir à celui seul qui peut apporter le salut, les responsables politiques ... cherchent à rendre notre société toujours plus laïque, c'est-à-dire à l'éloigner du seul Sauveur (des sociétés comme des individus).

Cela peut paraître utopique de prétendre que Jésus peut sauver le monde d'une crise économique. Et pourtant, qu'on veuille bien prendre la peine de réfléchir quelques instants : de quoi notre monde est-il malade ? N'est-ce pas avant tout du fait que les hommes recherchent de manière effrénée les biens de ce monde, ayant perdu de vue le vrai but pour lequel ils sont sur la terre ?

Car si l'on prend vraiment au sérieux les enseignements de Notre Seigneur, alors on comprend que nous ne sommes ici-bas que pour quelques années et pour préparer notre éternité. Nous n'avons pas à chercher à nous enrichir de biens terrestres et périssables, mais de biens éternels : à nous faire un trésor dans le Ciel, comme dit l'Évangile. Et ce trésor, il se fait en pratiquant les commandements de Dieu, spécialement le commandement particulier de Jésus " Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ".

Si nous vivons ainsi, aussitôt la paix succède à l'inquiétude. Même si nous devons subir quelque gêne, du fait d'un manque de moyens matériels, nous savons que Dieu est un Père qui ne nous abandonnera jamais, à moins que nous ne l'abandonnions les premiers. Nous lui disons avec confiance : "Donnez-nous notre pain quotidien ".

De même, à la tristesse succède la joie : si nous aimons Dieu et faisons sa volonté, il nous aime et " il vient faire en nous sa demeure ". Comment ne pas nous réjouir de posséder celui qui fera un jour notre bonheur éternel quand nous le verrons face à face ? Sans doute, actuellement nous ne le voyons pas, et nous ne sommes heureux qu'en espérance, mais ce bonheur est déjà bien plus grand que tout ce que Mammon peut nous proposer.

L'obéissance à Notre Seigneur ne produit pas seulement la paix et la joie dans les âmes, elle est aussi un facteur de prospérité publique. L'expérience l'a montré bien des fois, par exemple lorsque Garcia Moreno a pris le pouvoir en Équateur au 19e siècle : il a rétabli en peu de temps les finances de son pays, tout simplement parce que les citoyens ont pris des habitudes de justice et de tempérance (d'épargne par exemple).

" Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît. " Parmi ce reste, il y a la prospérité temporelle. L'histoire de notre pays est aussi là pour l'attester : tant qu'il fut fidèle aux promesses de son baptême, il fut la première nation d'Europe (et même du monde), mais depuis qu'il les a reniées, il ne fait que descendre à tout point de vue : économique, politique, culturel...

Alors, même s'il n'est pas en notre pouvoir de proposer Jésus comme remède à la crise mondiale, il est toujours en notre pouvoir de nous mettre individuellement, dans nos familles, dans nos écoles, à son service, et par ce moyen, de traverser sans crainte la crise actuelle. Oui, croyons à la parole qui a retenti il y a un peu plus de deux mille ans dans la nuit du premier Noël : "Un Sauveur nous est né : le Christ Seigneur".

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Source :

Lettre des dominicains d'Avrillé, no. 48, décembre 2008.

Méditation

Ne pas chercher à comprendre ce qui est au-dessus de nos forces

Nous entendons souvent des personnes qui se plaignent de ce qui leur arrive, et parfois même demandent des comptes à Dieu. Pourquoi moi ai-je telle difficulté, telle épreuve, et les autres non ? Pourquoi certaines personnes sont dans l'abondance et d'autres dans la misère ? Pourquoi la vie est si difficile pour moi, alors que pour bien d'autres tout semble si facile ? Pourquoi le bon Dieu a des préférences envers des âmes qu'il comble de ses faveurs et n'agit pas de la même manière envers toutes les autres ? S'il vous arrive de vous poser des questions semblables, lisez cette petite méditation :

"Ne cherche pas ce qui est trop difficile pour toi, ne scrute pas ce qui est au-dessus de tes forces. Sur ce qui t'a été assigné exerce ton esprit, tu n'as pas à t'occuper de choses mystérieuses. Ne te tracasse pas de ce qui te dépasse, Faute de prunelle tu manques de lumière ". (Eccli. 3, 21-23)

Ben Sira nous donne ici d'excellents conseils sur lesquels nous devons méditer.

Lors de son apparition au lac de Tibériade après sa Résurrection, Jésus prédit à Pierre le genre de mort par lequel il devait glorifier Dieu. "Il lui dit: " Suis-moi" . Pierre alors se retourne et aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. En le voyant, Pierre dit à Jésus: " Et lui, Seigneur?" Jésus lui répond: " S'il me plaît qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis-moi". (Jean 21, 19-22)

Dieu a des vues particulières sur chaque âme. Certains sont richement doués et connaissent le succès; d'autres, moins favorisés, sont l'objet de moqueries et souvent mal jugés. Pourquoi? Fréquemment peut-être, nous nous posons la question. Si, personnellement, nous appartenons aux moins doués, nous sommes tentés de nous tenir à l'écart des autres, de nous abandonner à l'amertume, à la jalousie, et même de nous plaindre de Dieu. "Pourquoi suis-je ainsi, Seigneur? Pourquoi semblez-vous préférer les autres?" Mais nous touchons ici au mystère !

"Ne scrute pas ce qui est au-dessus de tes forces.

tu n'as pas à t'occuper de choses mystérieuses,

Faute de prunelle tu manques de lumière".

En effet, notre intelligence ne mesure pas les choses, elle est mesurée par les choses. Elle ne se soumet pas les objets, elle se soumet à eux. C'est vrai dans l'ordre humain et à plus forte raison dans l'ordre surnaturel où l'objet divin est tellement au-dessus de nous ! Pourquoi donc demander des comptes à Dieu ? La loi de l'esprit est soumission et humilité, il faut toujours se soumettre au mystère.

Écoutons la petite sainte de Lisieux : "Longtemps je me suis demandé pourquoi le Bon Dieu avait des préférences, pourquoi toutes les âmes ne recevaient pas un égal degré de grâces... Jésus a daigné m'instruire de ce mystère. Il a mis devant mes yeux le livre de la nature et j'ai compris que toutes les fleurs qu'il a créées sont belles, que l'éclat de la rose et la blancheur du lys n'enlèvent pas le parfum de la petite violette ou la simplicité ravissante de la pâquerette. J'ai compris que si toutes les petites fleurs voulaient être des roses la nature perdrait sa parure printanière... La perfection consiste à faire Sa volonté, à être ce qu'Il veut que nous soyons". (Histoire d'une âme)

Répondons à ce que Dieu nous demande sans rechercher ce qui est trop élevé pour nous, sans nous arrêter à ce qui nous dépasse, faisant taire notre raison trop raisonnante pour la soumettre à la foi adorante et adhérente. Bannissons l'inutile de nos pensées. Alors notre âme dilatée se tournera vers son Créateur et découvrira les trésors de grâces qui lui sont accordés.

Créés par amour et pour l'Amour, rachetés par amour et pour l'Amour, choisis par amour et pour l'Amour, toute notre vie se résume en un acte d'amour dans l'Amour. Que cette conviction ne nous quitte jamais au milieu des épreuves et du silence apparent de Dieu.

Comme l'arbre sort de sa racine, ma vie doit monter droit vers vous, Seigneur. Plus mes branches s'élèveront, plus mon fruit mûrira au soleil de votre amour. À ce niveau, je retrouverai les autres, mais étant moi-même comblé par la grâce, je vous remercierai des dons que vous leur avez octroyés et des fruits splendides qu'ils vous offrent.

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Source : Cum Ecclesia, éd. J. H. Gottmer, Haarlem, 1960, p. 874-875. Méditations sur les textes du missel et du bréviaire.

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YT Source http://www.lumenc.org/yt/unam_sanctam_4.htm

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