www.lumenc.org DUCCIO di Buoninsegna, Guérison de l'aveugle / Healing of the Blind Man, 1308-11, Detail, Tempera on wood, 43 x 45 cm, National Gallery, London
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Unam Sanctam 3 Juillet-Septembre

Ces textes sont des extraits du bulletin Unam Sanctam No

Ces textes sont des extraits du bulletin Unam Sanctam No. 3 (Juillet à Septembre) 2008

Témoigner de la vérité est une exigence de l'amour

La huitième Parole de l'Amour infini - ou huitième commandement de Dieu - s'énonce ainsi : “Faux témoignage ne diras ni mentiras aucunement”. En positif, le Dieu-Amour en qui nous croyons, ce Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint, qui est tout amour, et qui appelle à l'amour l'homme qu'il a créé à son image, lui fait un devoir d'amour de témoigner de la vérité, et de ne jamais rien dire de ce qu'il sait être contraire à la vérité.

Témoigner de la vérité apparaît ainsi comme une exigence souveraine de l'amour. Car on ne peut aimer Dieu et son prochain en portant des témoignages contraires à la vérité, et en trompant ses semblables par toutes les formes possibles de mensonges. La raison fondamentale du devoir sacré qui oblige tous les hommes à témoigner de la vérité et à ne déroger en rien de la vérité dans leurs paroles et leurs actes est qu'en Dieu l'amour infini et la plénitude de la vérité s'identifient. De même que Dieu le Père est l'Amour infini, de la même manière il est la Vérité dans toute sa plénitude. Ce qui s'applique aussi au Fils et au Saint-Esprit. Par l'incarnation, l'Amour infini du Père se rend visible et tangible en Jésus-Christ, qui a identifié sa Personne à la Vérité et a décrit sa mission sur la terre en terme de témoignage divin rendu à la vérité : “Je suis la Vérité”, a-t-il-dit, et “si je suis venu dans le monde, c'est pour rendre témoignage à la vérité. Et quiconque est de la vérité écoute ma voix”. Avant de monter au ciel pour y prendre possession de son trône de gloire, Jésus-Christ a promis qu'il enverrait d'auprès du Père dans le monde son Esprit d'amour et de vérité. Amour substantiel du Père et du Fils, l'Esprit-Saint vient dans le monde pour enflammer les coeurs du divin Amour et ainsi renouveler toute la face de la terre. Esprit de vérité, il vient poursuivre la mission de Jésus, de manière que tous les hommes dociles à son action soient conduits à la vérité toute entière et deviennent capables, à l'imitation de Jésus, de rendre par toute leur vie un ardent témoignage à la vérité.

Tous appelés à rendre témoignage à la vérité

La huitième Parole de l'amour infini, défendant tout faux témoignage et toute forme de mensonge, rappelle d'abord à toute personne humaine sa vocation divine à témoigner de la vérité, à poursuivre dans toutes ses paroles et ses actes, par amour de Dieu et du prochain, l'unique but de faire connaître et servir la vérité. La vérité, dans son essence même étant Dieu, la faire connaître et la servir, c'est par-dessus tout faire connaître et servir Dieu lui-même. Ainsi, être du parti de la vérité, c'est être avec Jésus, c'est être du nombre des serviteurs de Dieu, c'est se comporter en enfants de Dieu, qui est la vérité même.

Jésus-Christ, docteur de la vérité, enseigne à tous ceux qui veulent être ses disciples, la seule voie véritable du salut, et quand il fonde son Église, c'est pour qu'elle soit l'école divine où toutes les nations sont conviées à apprendre la vérité qui les libérera de tout esclavage. En transmettant à tous les peuples la doctrine du divin Maître, l'Église assistée par son Esprit a pour mission de construire le royaume de la vérité et de l'amour sur la terre, comme phase temporelle du royaume éternel de Dieu.

D'autre part, depuis le commencement du monde, s'est levé le Satan, l'adversaire du Christ-Roi immortel des siècles, cherchant à entraîner tous les hommes à sa suite dans sa révolte contre Dieu, dans son mépris et sa haine de la vérité. Toute opposition à la vérité, toute tromperie, tout mensonge vient de lui. Jésus nous a révélé l'identité de son adversaire : il est le “père du mensonge”. Il est le premier qui a osé porter un faux témoignage contre la véracité divine, en accusant devant nos premiers parents Dieu lui-même d'être menteur. Il est le premier qui a menti et qui ne cesse de mentir. En trompant une multitude d'hommes, après Adam et Ève, il s'est fait un royaume construit sur le mensonge, dans le but de détruire le royaume de la vérité bâti par Jésus-Christ sur son divin témoignage. Ainsi, depuis les origines de l'humanité, le royaume de Dieu est combattu par le royaume de Satan, et depuis ses débuts, l'Église de Jésus-Christ, dont la mission est d'enseigner la vérité, est en butte aux persécutions d'une contre-Église gouvernée par le père du mensonge. La grande charte de l'Église du Christ est l'amour de Dieu et du prochain, fondé sur la vérité, tandis que la loi ténébreuse de l'Église de Satan est la haine de Dieu et des hommes, fondée sur l'hypocrisie et le mensonge.

L'origine du mensonge et du faux témoignage étant diabolique, il s'ensuit que toute personne qui ment ou rend quelque faux témoignage participe à l'oeuvre de Satan ; et dans la mesure qu'elle est fixée dans le mensonge et y évolue, elle lui est intimement associée, elle travaille avec lui contre Jésus-Christ. La prise de conscience du caractère diabolique de tout mensonge, même léger, fut le principe de la conversion et de la consécration totale à Jésus-Christ de plusieurs saints, dont saint André Avellin, saint Alphonse de Liguori et saint Fidèle de Sigmaringen ; tous les trois, ayant fait quelque petite concession au mensonge dans leurs plaidoiries, se sont détournés de leur profession d'avocats pour mettre désormais tous leurs talents au service de la cause du Christ.

Si la huitième Parole de l'amour infini défend de blesser la vérité, c'est donc premièrement parce que la vérité est le bien propre de Celui qui est essentiellement Vérité, Dieu. En niant la vérité, on fait injure à Dieu, qui en est la source. En se détournant de la vérité, on s'oppose à Jésus-Christ, qui en est le Témoin fidèle. “Celui qui nie la vérité, dira saint Augustin, renie par là même Jésus-Christ”.

Par ailleurs, la vérité est le fondement de la vie sociale. Sans la vérité, les relations humaines n'offriraient plus ni paix, ni sécurité ; on ne pourrait se fier à aucun traité, ni à aucun contrat. Sans la vérité comme appui, la société croulerait comme un édifice sans fondement. C'est ce qu'affirme saint Thomas d'Aquin dans la somme théologique : “Les hommes ne pourraient pas vivre ensemble, s'ils n'avaient pas de confiance réciproque, c'est-à-dire s'ils ne se manifestaient pas la vérité” (2a 2ae, art.109, 3 ad 1).

La vérité est aussi un droit naturel qui appartient à tous les hommes, car la vérité est l'objet même de l'intelligence humaine. Notre intelligence, en tant que faculté naturelle, est faite pour la vérité ; la vérité est la nourriture nécessaire à sa perfection, comme le bien est la nourriture que cherche la volonté pour s'épanouir. Frustrer l'intelligence dans sa quête de vérité c'est en violant son droit naturel premier, lui causer un grave préjudice. Refuser la vérité à quelqu'un, c'est mépriser sa dignité de créature intellectuelle, c'est le haïr en tant qu'il porte en lui l'image de Dieu.

La vertu qui consiste à se montrer vrai en ses actes et à dire vrai en ses paroles a pour nom la véracité ou franchise. La huitième parole de l'Amour infini fait à tous les hommes sans exception le devoir d'être vrais et de toujours agir avec une entière franchise, afin de se servir de la parole, non pour exploiter son semblable et créer des conflits, mais, selon les merveilleuses intentions du Créateur, comme d'un instrument qui soit exclusivement au service de la vérité, de la justice, de l'amour et de la paix, c'est-à-dire au service du royaume de Dieu.

Le Mensonge, péché universel

Le saint roi David nous assure que le mensonge est, en quelque sorte un péché universel, lorsque constatant l'inclination générale à mentir et la difficulté qu'on éprouve à compter sur une amitié fidèle, il affirme dans le psaume 115, (au verset 11) : “Tout homme est menteur”.

Tout homme est menteur, en ce sens que le mensonge est le vêtement dont tendent à se couvrir tous les vices et tous les défauts, afin de voiler leur laideur et de se justifier. On ment en effet par cupidité, pour faire de l'argent ; par orgueil, pour se montrer supérieurs aux autres ; par ambition, pour réussir à tout prix et monter dans l'échelle sociale ; par méchanceté pour nuire à autrui ; par lâcheté, pour cacher sa paresse et ses négligences ou encore pour se défendre de peines méritées par ses fautes et ses erreurs. D'innombrables occasions dans la vie courante ouvrent la porte au mensonge. On ment, parce qu'on a peur du jugement des autres, parce qu'on craint d'être mal vus et d'être rejetés, parce qu'on a peur de perdre quelque avantage matériel ou social. S'enfonçant dans une sorte de mensonge intérieur, on en arrive à nier le mal qu'on ne veut pas voir en soi. On cherche plutôt à projeter une belle image de soi-même, mais qui ne correspond pas à la réalité.

L'expérience nous l'enseigne, le mensonge a libre cours dans tous les domaines, du plus profane au plus sacré. On peut mentir au nom de la religion, au nom de la philosophie, au nom de la science, au nom du droit, au nom de la politique, au nom de l'économie et du commerce, au nom de quelque compétence professionnelle et dans le cadre de quelque activité que ce soit. Il y a donc des mensonges d'ordre religieux, des mensonges philosophiques, des mensonges scientifiques, des mensonges juridiques, des mensonges politiques, des mensonges socio-économiques et des mensonges qui entachent les plus simples relations interpersonnelles.

Il y a mensonge de nature religieuse, lorsqu'au nom de Dieu ou de sa volonté, on légitime la violence et les crimes les plus barbares, ou encore des pratiques gravement immorales. On ment aussi au nom de la religion, lorsqu'on falsifie la Parole de Dieu en la soumettant à des vues et à des ambitions humaines. On ment encore au plan religieux en ne voulant tenir aucun compte du Verbe de Dieu incarné, Jésus-Christ, en dehors duquel ne subsiste aucune vérité ; en rejetant à priori les dogmes de foi comme étant des inventions humaines ; en rejetant le caractère divin, donc absolu, des commandements de Dieu ; en niant les miracles comme étant des manifestations de la toute-puissance de Dieu; en ne faisant de la religion qu'une activité purement naturelle ; en donnant autant de valeur aux autres religions qu'à la seule religion divine, celle que Jésus-Christ a fondée sur la foi des apôtres et particulièrement sur la foi de Pierre. Le mensonge est en réalité l'outil indispensable des détracteurs de la religion, des négateurs de la culture chrétienne qu'ils noient dans une soi-disant culture religieuse supérieure, principalement composée d'une multitude d'erreurs prétendant être des moyens de salut. Au témoignage de saint Jean, tous ceux qui nient que Jésus soit le Christ sont menteurs : “Je vous ai écrit, non parce que vous ne savez pas la vérité, mais parce que vous la savez et qu'aucun mensonge ne procède de la vérité. Qui est le menteur, interroge-t-il, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ?” (I Jn. 2, 21-21). Il écrit encore : “Tout esprit qui confesse Jésus, le Christ venu dans la chair, est de Dieu, et tout esprit qui ne confesse pas ce Jésus n'est pas de Dieu : c'est bien plutôt celui de l'Antéchrist, dont vous avez entendu dire qu'il vient, et maintenant déjà il est dans le monde.” (I Jn. 4, 3).

En philosophie et dans les sciences, il est possible, non seulement de se tromper, mais de tromper volontairement, et donc de mentir, en enseignant des principes qu'on sait être faux et de fausses théories, comme celle, tout à fait ridicule et injurieuse à Dieu, qui impose comme un dogme de foi, que la race humaine tient son origine d'une famille évoluée de singes. Origine plus que ténébreuse qu'on reporte à une période préhistorique, échappant par le fait même à toute possibilité d'établir quelque preuve scientifique que ce soit. Le mensonge consiste alors à poser en certitude scientifique une pure hypothèse sans une preuve ne laissant place à aucun doute. Ceux qui pratiquent l'art de mentir en philosophie et dans les sciences ont inventé une manière de raisonner arbitraire, qui contrevient, parfois subtilement, aux lois essentielles de la logique. De temps immémorial, les faux raisonnements ou sophismes ont cherché soit à généraliser ou augmenter la portée des faits, soit à en réduire ou diminuer la signification, et même à les interpréter dans un sens tout à fait contraire à la vérité. Et ce sont là différentes manières de mentir.

Lorsque la science du droit refuse de se baser sur la loi naturelle et ne veut s'appuyer que sur des faits actuels de la société   - auxquels on donne le nom de “culture” - elle ne peut être que source de mensonges et engendrer de faux droits. C'est ainsi que la culture dite moderne remplace la loi de nature pour servir de fondement à la proclamation d'un droit à l'avortement, d'un droit au mariage homosexuel, d'un droit à rejeter les racines de l'histoire d'un peuple pour lui créer à partir de faits non représentatifs une nouvelle identité, qui en réalité est pure invention.

Quant à la politique, telle qu'elle s'exerce habituellement depuis Machiavel, elle semble être la tribune privilégiée du mensonge. Quels mensonges n'est-on pas prêt à commettre pour prendre le pouvoir, le conserver et l'étendre ! Au nom du bien commun défini comme étant le bien propre du gouvernement au lieu d'être le bien de tous les citoyens, quels abus de pouvoir pouvons-nous constater par lesquels sont violés les droits de la conscience individuelle et surtout les droits des familles, spécialement dans le domaine de l'éducation, qui appartient d'abord et avant tout aux parents !

Le domaine le plus exposé au mensonge semble être celui de la gestion des biens économiques et toutes les transactions d'affaires, en raison de la cupidité qui soumet beaucoup de personnes et de compagnies au pouvoir séducteur de l'argent. Enfin, dans tous les domaines de l'activité humaine se rencontrent, en plus de ceux qui mentent occasionnellement, des spécialistes dans “l'art de mentir”, de manipuler, de frauder.

L'inclination à mentir, bien qu'elle puisse être plus notable en certains peuples, comme les prophètes l'ont remarqué, ne leur est pas réservée. Elle est nécessairement plus répandue dans tous les peuples qui ne connaissent pas le vrai Dieu, ou qui, l'ayant connu, l'oublient et oublient ses commandements. L'oubli de Dieu et de ses commandements a pour conséquence inévitable qu'on tombe sous l'autorité du père du mensonge, qui ne sait enseigner à ses disciples en quête de richesses et d'honneurs que les artifices du mensonge. Si le combat pour le triomphe de la vérité se fait sur le plan social entre l'Église du Christ et l'Église de Satan, c'est à l'intérieur de chaque âme qu'il se livre personnellement entre deux esprits, l'esprit de Jésus et l'esprit du démon. Au fond du coeur de tout homme, il y a une lutte perpétuelle entre la vérité et le mensonge. La victoire de la vérité ne peut être accordée qu'aux personnes qui se laissent purifier et libérer de tout mensonge, de toute duplicité et de toute tromperie par Jésus-Christ.

La huitième Parole de l'Amour infini nous commande d'être, à l'image de Jésus-Christ, des témoins de la vérité, et donc d'être, durant toute notre vie, des amoureux et serviteurs de la vérité. Aimer et servir la vérité, c'est aimer et servir Jésus-Christ.

J.-R.B.

YT Source http://www.lumenc.org/yt/unam_sanctam_3.htm

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